Thursday, 3 September 2020

Nouvelle Delhi ? (désormais à 15 EUR)

Le numéro double 54 - 55 de la revue européenne de géopolitique Outre-Terre, disponible depuis fin décembre 2018 et intitulé "Nouvelle Delhi ?", est passé de 35,00 EUR à seulement 15,00 EUR(*) depuis le 15 août dernier !

Ce numéro double a réuni 34 auteurs indiens et étrangers dont Christophe Jaffrelot. Toute la géopolitique interne et externe de l'Inde est examinée sauf la problématique du Jammu & Cachemire qui mérite, à elle seule, un développement séparé. Les questions du national-populisme hindou du BJP, les visées de Bharat dans l'océan Indien, la politique économique de Narendra Modi et le voisinage immédiat de l'Inde sont parmi les thèmes abordés.

Le volume est disponible chez payhip.com ainsi que chez Apple, Barnes & Noble, Kobo, Scribd, Angus & Robertson, Vivlio, 24 Symbols, Mondadori et Indigo.

Les différents articles et le numéro sont, eux, en vente chez cairn.info.

(*) Le prix officiel est de 15,00 EUR et de 19,99 USD mais certains librairies et revendeurs peuvent avoir des prix légèrement différents dépendant du taux de change et de leurs conditions.

 

SOMMAIRE 

  • L’Inde en (super)puissance - Michel Korinman
LA NATURE DE BHARAT
  • L’échec des hérodiens en Inde ? - Nunziante Mastrolia
  • La démocratie indienne - Isabelle Milbert
  • Narendra Modi ou la variante hindou du national-populisme - Christophe Jaffrelot
  • L’enjeu séculariste en Inde - Apratim Mukarji
  • Montée des tensions religieuses et gouvernance de la droite hindoue - Mujibur Rehman
  • Le national-populisme hindou en diplomatie, ou la résilience d’une realpolitik - Christophe Jaffrelot
EXTRÊME (SOUS-)CONTINENT
  • L’Inde est-elle une grande puissance ? Alain Lamballe
  • Maoïstes indiens : un échec attendu - Ajai Sahni
  • La finance en Inde, objet d’expérimentations comportementales - Jean-Michel Servet
  • Le processus de démonétisation en Inde - Gian Paolo Caselli
  • Démonétisation, l’agenda caché du gouvernement indien - Cyril Fouillet, Isabelle Guérin, Jean-Michel Servet
  • L’entreprise indienne et ses mutations - Basudeb Chaudhuri
  • Agriculture en Inde : les activités connexes ont dépassé le secteur traditionnel - Baadr Alam Iqbal
  • L’innovation en Inde : évolution des produits et processus vers des « business models » - Basudeb Chaudhuri
  • L’avenir géo-démographique de l’Inde. Perspectives géopolitiques et géoéconomiques - Alfonso Giordano
LA COMPAGNIE DES INDES
  • Extrémisme violent au Bangladesh - Shahab Enam Khan
  • Inde-Pakistan : sept décennies de méfiance, de défiance et d’opportunités perdues - Olivier Guillard
  • L’Arakan, une situation typique de frontière - Alexandra de Mersan
  • L’emprise financière de la Chine sur Sri Lanka : quelles implications pour l’Inde ? - Laurent Amelot
LE NOUVEL ORDRE ASIATIQUE
  • Delhi vu de Pékin - Zhang Yike
  • Inde-Corée : la route n’est plus si longue - Maurizio Riotto
  • Les relations nippo-indiennes dans l’ère de l’Indo-Pacifique - Noemi Lanna
  • Devant la montée en puissance de la Chine, le renforcement des liens entre Inde et ASEAN - Anh Le Tran
INDE PLANÉTAIRE ?
  • L’Inde face aux nouvelles routes de la Soie - Sébastien Goulard
  • Les partenariats stratégiques de l’Inde avec la Chine et les États-Unis : l’impossible équilibre ? - Isabelle Saint-Mézard
  • L’Inde et l’OTAN : quel partenariat ? - Sébastien Goulard
  • La dynamique des relations entre Inde et Russie - Himani Pant
  • Le partenariat stratégique entre l’Inde et Israël - Efraim Inbar
  • Inde-Afrique : l’échelle intercontinentale - Nathanaël Herzog
OCÉAN INDIEN ?
  • Rivalités océaniques entre l’Inde et la Chine - Gilles Boquérat
  • Diplomatie navale de l’Inde dans l’océan Indien - Vallabhu Srilatha
  • L’Inde et la domination de l’océan Indien : les îles comme pièces maîtresses - Christian Bouchard
  • Relations Inde - Maurice : jusqu’où ira le « chotabharatisme » ? - Shafick Osman
GÉOPOLITIQUE HISTORIQUE
  • Curzon et le grand jeu anglo-russe en Asie Centrale : la puissance maritime britannique à l’épreuve de la terre - Flavien Bardet
PSYCHANALYSE ET GÉOPOLITIQUE
  • Adorno en Inde - un réexamen de la psychologie du fascisme - Ashis Nandy

Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale (désormais à 15 EUR)

Le numéro 56 de la revue européenne de géopolitique Outre-Terre, disponible depuis juillet 2019, est passé de 35,00 EUR à seulement 15,00 EUR(*) depuis le 15 août dernier !

Comprenant 306 pages et coordonné par Hervé Théry, directeur de recherche émérite au CNRS-Creda et professeur invité à l'Université de São Paulo, le numéro 56 s'intitule, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" où il est question surtout de la géopolitique interne du Brésil avec l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Vingt-deux auteurs brésiliens et étrangers ont contribué à ce numéro qui est disponible uniquement en version numérique. Il existe une version portugaise de la plupart des articles sur le site de Confins, revue franco-brésilienne de géographie.

Le volume est disponible chez payhip.com ainsi que chez Apple, Barnes & Noble, Kobo, Scribd, Angus & Robertson, Vivlio, 24 Symbols, Mondadori et Indigo.

Les différents articles et le numéro sont, eux, en vente chez cairn.info.

(*) Le prix officiel est de 15,00 EUR et de 19,99 USD mais certains librairies et revendeurs peuvent avoir des prix légèrement différents dépendant du taux de change et de leurs conditions.



 

 

Friday, 28 August 2020

Outre-Terre : "Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19" (désormais à 25 EUR)

Le numéro 57 de la revue européenne de géopolitique Outre-Terre est centré sur le problème mondial qu'est la Covid-19. Michel Korinman, directeur de la revue, a réuni 22 auteurs sur diverses problématiques de la pandémie : historique, scientifique, politique, économique et, bien-sûr, géopolitique. "Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19", sorti, le 22 juillet 2020, et fort de 247 pages, couvre la réalité et les enjeux dans plusieurs pays : France, États-Unis, Iran, Israël, Arabie Saoudite, Inde, Singapour, Corée du Sud, Chine, Japon et Afrique du Sud.

Le prix du volume est passé de 35,00 EUR à seulement 25,00 EUR ! Il est en vente sur Amazon.fr et sur tous les autres sites d'Amazon (amazon.com, amazon.co.uk etc.).

Le volume est également en vente chez Payhip.com ainsi que chez Apple, Barnes & Noble, Kobo, Scribd, Angus & Robertson et Vivlio.

Les différents articles et le numéro sont en vente, eux, chez Cairn.info.

 


 

 



 

Monday, 10 August 2020

Éditorial du numéro 501 – Confins / Outre-Terre (Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale)

By Hervé Théry and Neli Aparecida de Mello-Théry


Ce premier numéro spécial de notre revue reprend la plupart des articles du numéro 56 de la revue de géopolitique Outre Terre, dirigée par Michel Korinman. Celui-ci nous a fait l'honneur et la confiance de coordonner un numéro de sa revue consacrée au Brésil à un moment-clé de son histoire récente, l'élection à la Présidence de la République de Jair Bolsonaro.

Nous avions choisi dès l’origine, avec Michel Korinman, de produire juste après la sortie du numéro d’Outre Terre, un « numéro miroir » en portugais de façon à mettre son contenu à la disposition des lecteurs brésiliens qui ne lisent pas le français : nous avons pensé qu’il serait utile pour eux d’avoir accès dans leur langue à des analyses de leur pays produites par un groupe de scientifiques brésiliens et français qui l’étudient depuis de nombreuses années.

Nous avons seulement laissé de côté certains articles qui n’auraient rien appris à des lecteurs brésiliens, ou plus circonstanciels (comme celui sur l'incendie qui a atteint la cathédrale Notre-Dame le 15 avril 2019, mis en parallèle avec celui qui avait ravagé le Museu Nacional le 2 septembre 2018), ou encore qui appartenaient à des contributions récurrentes dans la revue Outre Terre, mais pas dans Confins, comme celles qui sont demandées à un psychanalyste ou à un/e journaliste.

Les articles qui composent ce numéro ont été demandés par nous à des collègues brésilien/nes et français/es, rédigés pour l'essentiel en janvier-février 2019, dans les premières semaines du mandat du nouveau président. Ils avaient été traduits en français (pour ceux qui ont été originellement écrit en portugais) soit par des collègues français, soit par leurs auteurs quand ceux-ci dominent suffisamment la langue de Molière. Le numéro a ensuite été mis en page à l'Île Maurice (par un Suisse) et publié en Grande-Bretagne aux éditions Ghazipur (par un Mauricien résidant au Canada). Nous vivons tous les jours davantage dans un monde globalisé…


 

 

Pour la suite et l'intégralité de l'éditorial publié, en français, dans le numéro 501 de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsÉditorial du numéro 501 – Confins / Outre-Terre

Pour la suite et l'intégralité de l'éditorial publié, en portugais, dans le numéro 501 de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsÉditorial do número 501 – Confins/Outre Terre


Lula, cible d’envie et de volonté de destruction

By Valton de Miranda Leitão


L’impressionnant flux de haine collective et individuelle émanant d’une bonne partie de la classe moyenne face à la personnalité symbolique de Luiz Inácio Lula da Silva ne peut qu’impressionner l’observateur psychanalytique. Les raisons politico-idéologiques, racistes et nazi-fascistes sont insuffisantes pour expliquer politiquement cette décharge de haine. Les personnes qui ne vivent pas de près cette invasion émotionnelle, quelle que soit leur coloration partisane, sont consternées par ces manifestations passionnées de cruauté, en particulier dans la communication électronique (WhatsApp et Facebook). L’Allemagne, l’Italie et l’Espagne l’ont vécue, avant et après la Seconde Guerre mondiale, mais elles n’avaient pas encore ces médias qui facilitent la manifestation spontanée de la violence. La cible, Lula, a été construite par les médias conventionnels, utilisant le symbole du plus grand dirigeant populaire jamais issu des travailleurs, des ouvriers et des pauvres, des Noirs et des Indiens du Brésil et d’Amérique latine, internationalement reconnu. Je ne m’attarderai pas sur le triste épisode de démantèlement du projet social représenté par cet homme extraordinaire, car je prétends que ses ennemis politiques ont dépassé toutes les limites de la raison dans la poursuite et la destruction de cette cible symbolique.

L’explication psychanalytique de ce bombardement de colère narcissique peut utiliser en guise d’explication les concepts de narcissisme de la différence, d’envie et de pulsion destructrice… 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Lula, cible d’envie et de volonté de destruction


Brésil, pays de l’attente

By Laurent Vidal


Le Brésil impose aux sciences de l’homme, non seulement la compréhension d’un espace lointain, mais celle d’une temporalité différente, de configurations sociales originales, de pratiques culturelles singulières : on le sait au moins depuis la mission française appelée pour la fondation de l’Universidade de São Paulo, qui comptait entre autres, aux côtés Claude-Lévi-Strauss et Fernand Braudel, le géographe Pierre Monbeig. Cesar César Simoni Santos écrit, à son propos, dans un article dont le titre peut se traduire par « Pierre Monbeig et le vacillement d’une tradition dans les Tropiques » :


« Dans le Nouveau Monde, la dynamique territoriale de l’avancée de la civilisation occidentale, tout en nécessitant de nouvelles ressources théoriques et conceptuelles pour sa propre interprétation, a ouvert un nouvel univers de possibilités dans le domaine disciplinaire de la géographie. […] Pierre Monbeig, confronté au phénomène des franges pionnières [...] a su présenter des pistes insolites face à une nouvelle réalité. [Il] a eu la chance de faire, presque simultanément à la consolidation de la méthode régionale en France, l’expérience d’une réalité hostile à la stabilité des agencements spatiaux, ce qui lui a permis d’examiner en profondeur la légitimité de la méthode qui avait été normalisée par l’habitude disciplinaire de la géographie ». 

 

Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Brésil, pays de l’attente

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie Confins : Brasil, país da espera

La pression chinoise sur le secteur électrique brésilien

By Lucas Coutinho


En cinq ans, les Chinois sont devenus les principaux agents non gouvernementaux du secteur électrique brésilien (Economic Value, 2016). La Chine est devenue le principal partenaire commercial du Brésil depuis 2009 et, outre les conséquences de ce changement quant à la désindustrialisation du pays, l’économie brésilienne est confrontée à un choc de privatisation. Dans ce contexte, le capital chinois apparaît comme l’un des principaux acteurs intéressés par l’achat des infrastructures énergétiques du Brésil.

La politique chinoise de stratégie économique mondiale Go Out, lancée à la fin des années 1990, vise à exporter le capital chinois dans le monde entier, afin de soutenir les ambitions chinoises d’occupation géopolitique du globe (Medeiros, 2015). Le volume des sorties de capitaux a augmenté presque chaque année, à partir de 1999, pour atteindre près de 2 000 milliards de dollars dans 152 pays (AEI, 2019).
Le Brésil figure parmi les pays qui ont reçu le plus d’entrées de capitaux chinois derrière les États-Unis (1er : 182 milliards de dollars), l’Australie (2e : 111) et l’Angleterre (3e : 85) : il est 4e avec 64 milliards de dollars (AEI, 2019).

Ces valeurs sont liées aux ambitions économiques de la Chine sur le monde. À l’instar du projet intercontinental connu sous le nom de « nouvelles Routes de la soie » (Belt and Road Initiative), la Chine a conçu un projet d’électrification mondiale (Global Energy Interconnection) qui apparaît sur sur la carte ci-dessous… 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : La pression chinoise sur le secteur électrique brésilien

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsA pressão chinesa sobre o setor elétrico brasileiro

L’environnement stratégique du Brésil dans les Guyanes : des défis pour Jair Bolsonaro en trois thèmes

By Gutemberg de Vilhena Silva and Eliane Superti


La conjoncture brésilienne est pleine d’incertitudes et sa politique étrangère n’échappe pas à la règle. Au cours des trois dernières décennies, le pays avait opté pour le multilatéralisme, la protection systématique de l’environnement et des politiques publiques de rapprochement avec les autres pays d’Amérique du Sud. Sous la gestion de l’actuel président, Jair Bolsonaro, les premières actions démontrent un changement significatif de l’action interne et externe. Nous proposons d’analyser ici l’équilibre des politiques d’intégration régionale du Brésil en Amérique du Sud puis de mettre en évidence trois problèmes sensibles sujets à des changements de la politique brésilienne et qui pourraient avoir des implications pour la région des Guyanes.

La nécessité de la réintégration compétitive du Brésil et de son repositionnement dans les contextes régional et mondial a été déterminante pour la mise en œuvre de politiques publiques d’intégration du Brésil en Amérique du Sud depuis les années 1990. Ces politiques avaient pour perspective l’ouverture des marchés de l’Atlantique au Pacifique, en créant des canaux de communication pour le Brésil dans les directions est-ouest. Le débat géopolitique sur les zones frontalières du pays a été redéfini et a intégré la dimension économique dans les politiques de défense, de sécurité et de leur revitalisation, terme désormais largement utilisé par les forces armées en matière de frontières. 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : L’environnement stratégique du Brésil dans les Guyanes : des défis pour Jair Bolsonaro en trois thèmes

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsO Entorno estratégico do Brasil nas Guianas: desafios à gestão do presidente Jair Bolsonaro em três temas

Du gouvernement d’E. Geisel à celui de J. Bolsonaro - 50 ans de résilience des projets hydroélectriques amazoniens

By Céline Broggio and Martine Droulers


Les grands projets d’aménagement s’inscrivent dans une histoire longue de plusieurs décennies, une temporalité bien différente de celle de la vie politique. Il en résulte que ces projets ont à traverser, au cours de leur cycle de vie, une série de contextes successifs dans lesquels se nouent, se dénouent et se renouent les fils de plusieurs phases d’avancée, d’abandon temporaire et de moments de crise.

Le dossier de l’équipement hydroélectrique amazonien illustre parfaitement cette relation à la fois durable et bousculée entre le fait politique et le grand projet d’aménagement. Conçu et mis en œuvre depuis plus de cinquante ans, le programme hydroélectrique amazonien a été porté, avec des hauts et des bas, aussi bien par le gouvernement des militaires à partir des années 1970 que par les gouvernements du Parti des travailleurs au début dans les années 2000. La relance qui s’initie depuis 2018 pourrait bien marquer le début d’une troisième période dans l’histoire de ce dossier.

L’objectif de cet article sera de montrer la résilience des grands projets depuis un demi-siècle et les conditions dans lesquelles leur relance se dessine aujourd’hui.

On utilise ici le terme de résilience appliqué à un grand projet d’aménagement du territoire pour illustrer le fait qu’un aménagement qui s’inscrit dans le temps long ne peut que traverser une série de contextes qui font que son développement ne saurait être régulier ni continu, mais au contraire que l’histoire de sa mise en œuvre connaît nécessairement des phases actives, des moments de rupture et des périodes de latence… 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Du gouvernement d’E. Geisel à celui de J. Bolsonaro - 50 ans de résilience des projets hydroélectriques amazoniens

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsDe Geisel à Bolsonaro, 50 anos de resiliência dos projetos hidrelétricos da Amazônia

Les routes amazoniennes : un débat géopolitique

By Thiago Oliveira Neto


La construction de routes sert divers intérêts et, lorsqu’elle est matérialisée, elles déclenchent des processus spatiaux qui ont des formes, fonctions, contenus et structures divers en fonction de la performance des acteurs, l’État et les entreprises, qui sont seuls capables de mettre en place ces grandes infrastructures pour faciliter la circulation des informations, du fret, des personnes et des capitaux. Cette circulation mène à une intégration physique du territoire et, pour la géopolitique classique, à un renforcement du contrôle territorial par l’État.

La volonté d’ouvrir ces routes dans la région amazonienne reposait sur une géopolitique classique de matrice ratzélienne, qui a incité l’Armée brésilienne à concevoir et à mettre en pratique un projet d’intégration physique du territoire, souhaitée depuis l’époque de l’Empire.

Pour aborder les rapports entre routes amazoniennes et géopolitique, ce texte est structuré en trois : il souligne d’abord le rôle de l’État dans l’intégration territoriale, puis quelques considérations sur les principales autoroutes de l’Amazonie sont brièvement exposées et enfin les scénarios ouverts par le changement de gouvernement sont évoqués.

Bien que les voies de circulation soient principalement destinées à déplacer des produits, les hommes ne les utilisent pas uniquement pour cela, elles servent également à échanger des idées et sont aussi les moyens d’une intervention directe de l’État.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Les routes amazoniennes : un débat géopolitique

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsAs rodovias na Amazônia: uma discussão geopolítica

Le nouveau gouvernement et l’Amazonie : recul de la protection environnementale et privatisation de terres publiques

By Paulo Roberto Cunha


Avec cette déclaration à la Chambre des députés, le même Jair Bolsonaro qui allait remporter les élections présidentielles deux ans plus tard (2018), brandissait un discours effarant en hommage au tortionnaire de l’ex-présidente Dilma Rousseff, rappelant les vieux temps de la dictature militaire du pays (1964 - 1985). Depuis le 1er janvier 2019, le Brésil a donc un président de la République qui encense la torture comme solution aux problèmes politiques.

Ce texte analyse la politique de régularisation de l’occupation illégale des terres publiques en Amazonie, créée sous le gouvernement Lula da Silva (2003 - 2011), modifiée sous le gouvernement Michel Temer (2016 - 2018) et, considérant le profil autoritaire et idéologique de Bolsonaro, propose quelques projections pour son gouvernement.

Le Brésil est l’un des rares pays au monde possédant encore de vastes extensions de terres publiques, fédérales, encore non allouées.En 2009, elles totalisaient près de 67 millions d’ha en Amazonie, destinées ni à la réforme agraire, ni à des unités de conservation, ni même à leur reconnaissance officielle comme terres indigènes. Espaces inoccupés ou occupés de façon illégale et sous les conditions les plus diverses, ils sont sources de conflits et entraînant conflits et déforestation. 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Le nouveau gouvernement et l’Amazonie : recul de la protection environnementale et privatisation de terres publiques

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsO novo governo e a Amazônia: desproteção ambiental e privatização de terras públicas

Une somme sur l’Amazonie brésilienne

By Hervé Théry


François-Michel Le Tourneau, directeur de recherche au CNRS, était parfaitement qualifié pour cette tâche puisqu’il lui a consacré toute son activité scientifique depuis sa thèse, avec un intérêt particulier pour les populations traditionnelles et autochtones et plus spécifiquement, leur rapport à leur territoire. Outre de nombreux articles dans les revues de géographie françaises et internationales, il a publié trois ouvrages et organisé plusieurs expéditions dans des régions isolées d’Amazonie ou de Guyane.
Les premiers mots de son introduction (et de la quatrième de couverture) ont de quoi intriguer : « ‘L’Amazonie’ n’existe pas ». On pourrait dès lors se demander pourquoi il lui consacre ensuite 524 pages, mais ce constat paradoxal n’est là que pour souligner que « la dimension mythique et mythologique de cette région l’emporte souvent sur la réalité géographique », à commence par son nom, « qui fait référence à une légende tirée de l’Antiquité grecque, à mille lieues du contexte de la forêt équatoriale que les voyageurs du XVIe siècle venaient d’aborder… ».

Ce point de départ est un choix car, comme l’affirme l’auteur en introduction, « cette série de contresens sur la nature et le fonctionnement de la région ont rythmé l’histoire de la ‘mise en valeur’ ou du ‘développement’ de l’Amazonie brésilienne à laquelle ce livre est consacré ». 

 

Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Une somme sur l’Amazonie brésilienne

Le Nordeste, déconstruit ou reconstruit ?

By Eustógio Wanderley Correia Dantas


Le Nordeste est la seule région du Brésil qui a donné la majorité à l’adversaire de Jair Bolsonaro, Fernando Haddad, à l’élection présidentielle de 2018. Comment l’expliquer ? À court terme, par une fidélité au Parti des travailleurs (PT), qui a beaucoup fait pour les pauvres de la région sous les mandats de Lula et Dilma Rousseff, mais les raisons sont à chercher plus loin dans le temps. C’est depuis au moins deux siècles, voire plus, une région à part dans le pays, et l’on notera que sa singularité est telle que c’est la seule dont le nom vernaculaire soit passé dans l’usage courant en français, alors qu’il désigne seulement sa situation géographique, au nord-est du pays. L’habitude s’en est prise dans les textes le concernant, avec l’impact du livre de Josué de Castro, « Une zone explosive, le Nordeste du Brésil » (Seuil, 1965), traduction de l’original dont le titre en portugais était encore plus explicite, « Sete palmos de terra e um caixão – Ensaio sobre o Nordeste, zona explosiva» (Brasiliense, 1965). À défaut de savoir ce que le nouveau président fera pour cette région – bien malin qui le sait – on peut du moins analyser comment sa dénomination (qui implique une délimitation) a été construite et se demander si elle est toujours valable ou si elle est déjà déconstruite, voire reconstruite par les évolutions des dernières décennies.

Dans la politique de division régionale mise en œuvre au Brésil à partir de la seconde moitié du XXe siècle (Figure 1), les éléments liés à la construction de l’imaginaire social collectif du Nordeste ont été mis en place avant même sa configuration en tant que région… 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Le Nordeste, déconstruit ou reconstruit ?

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsO Nordeste desconstruído ou reconstruído?

Le concept de justice spatiale appliquée au Nordeste

By Bernard Bret


Naguère décrit comme une zone explosive par Josué de Castro, le Nordeste constitue encore une région-problème dont les indicateurs économiques et sociaux sont médiocres, sinon mauvais, inférieurs en tous les cas aux valeurs nationales. Malgré les progrès de ces dernières années, pourquoi les Nordestins n’ont-ils pas, en moyenne, les mêmes revenus, les mêmes services publics, les mêmes opportunités d’emploi que les autres Brésiliens ? C’est là une configuration socio-spatiale que la notion de justice spatiale (injustice spatiale, en l’occurrence) peut éclairer.

L’histoire, et non la nature, explique la persistance de la pauvreté dans le Nordeste.

À l’époque du cycle du sucre (XVIe et XVIIe siècles), la plantation esclavagiste y a été la matrice d’une société radicalement injuste, cependant que la logique coloniale organisait le territoire pour y enraciner la dépendance. Les découpages administratifs le montrent encore aujourd’hui : le Pernambouc, bande de terre ouverte sur l’océan à partir d’une étroite façade littorale, relève d’une géopolitique comparable à celle qui, en Afrique, a dessiné plus tard le Bénin ou le Togo. Injustice interne et dépendance externe allaient de pair, cohérentes avec une croissance sans développement, croissance parce qu’augmentait la production de richesse – le sucre de canne – mais sans développement parce que cela installait la grande majorité dans la servitude et la pauvreté.

L’esclavage, certes, a marqué tout le pays. Mais son héritage particulièrement pesant dans le Nordeste a entravé les nécessaires reconversions économiques…

 

Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Le concept de justice spatiale appliquée au Nordeste

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsJustiça Espacial

Perspectives pour l’environnement en 2019 : les reculs de la politique gouvernementale


Quelles priorités ont été définies par le gouvernement pour la période 2019- 2022 et quelles sont les perspectives de réduction des problèmes environnementaux au Brésil ? Nous analyserons dans cette perspective le changement de direction des actions à 180° par rapport à celles prises par les gouvernements précédents depuis le retour de la démocratie, en 1989, bien qu’elles aient connu quelques revers, en particulier ces dernières années.

La problématique environnementale fait partie du programme du gouvernement brésilien depuis 1988, résultat d’années de mobilisation des défenseurs de l’environnement, et elle a été inscrite dans la Constitution brésilienne. Bien que cela ne soit pas une priorité, certaines politiques publiques spécifiques telles que celles portant sur la biodiversité, les ressources en eau, les déchets solides, le changement climatique (Mello-Théry, 2017) progressaient lentement. Les avancées légales étaient claires, mais la conscience des responsabilités de chacun (gouvernement, secteur productif, société) patinait et dans les questions minières, aucun progrès n’a été obtenu, sauf dans des situations extraordinaires.

Le pays a pris une position active pour démontrer ses efforts dans la gestion des problèmes sociaux et environnementaux depuis 1988, année où il avait proposé de devenir le pays hôte de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED) en 1992. Une position fondée sur le multilatéralisme et prise pour montrer une volonté de jouer un rôle plus influent sur la scène internationale, afin de devenir membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies… 

 

Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Perspectives pour l’environnement en 2019 : les reculs de la politique gouvernementale

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie Confins :  Perspectivas ambientais 2019: retrocessos na política governamental

Puissance et conflits des agricultures brésiliennes

By Eduardo Paulon Girardi and Hervé Théry

 
Un des facteurs essentiels de l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence de la République a été l’appui de l’un de trois « B », celui du « Bœuf », les grands éleveurs de bovins, et plus généralement du secteur de l’agrobusiness. En conjonction avec les représentants de la « Bible », les protestants néo-pentecôtistes, et de « Balle » (les partisans d’une politique de répression et d’armement des citoyens) ils ont activement soutenu sa candidature et déjà obtenus des mesures les favorisant, par exemple, le rattachement au ministère de l’Agriculture de la délimitation des réserves indiennes.

Bien que le secteur agroalimentaire ait été largement favorisé sous les gouvernements du Parti des travailleurs, cela indique que cet appui sera encore plus fort maintenant. C’est là un manifeste retour à un passé que l’on croyait aboli : à l’époque coloniale (1500 - 1822) et jusqu’au XIXe siècle, pendant toute la « République du café au lait », le pouvoir politique était entre les mains des barons du sucre, du café et de l’élevage, et quand le système agro-exportateur avait atteint ses limites lors de la crise de 1929, le capital qui avait permis de financer le démarrage de l’industrie de São Paulo était venu des profits du café ou des politiques publiques de rachat des stocks invendus, brûlés dans les locomotives ou jetés à la mer.

Le poids du secteur rural dans l’économie a certes diminué, mais il n’est pas négligeable, notamment dans le commerce extérieur. On dit souvent que le Brésil est devenu la « ferme du monde », comme la Chine est devenue son usine et l’Inde son bureau… 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Puissance et conflits des agricultures brésiliennes

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie Confins : O Brasil em face aos conflitos e violências agrárias


Gouvernement Bolsonaro v. peuples amérindiens : l’épreuve de la Constitution

By François-Michel Le Tourneau

 

Avec l’arrivée au pouvoir d’une force politique ultra-conservatrice et réactionnaire, les plus farouches adversaires des droits (en particulier fonciers) des Amérindiens sont aujourd’hui en position de force. De ce fait, ils cherchent à réaliser l’un de leurs objectifs principaux : l’affaiblissement et si possible la réduction des protections données aux « terres indigènes », qui représentent aujourd’hui 13,76 % du territoire du Brésil. La position des peuples amérindiens est aujourd’hui critique. Entre les évangéliques qui veulent sauver leurs âmes au prix de leur culture, les tenants du lobby rural qui guignent leurs terres pour les exploiter et une série de généraux réactionnaires qui veulent croire à un complot international pour démembrer le Brésil, ils sont l’objet d’une vindicte profonde, idéologique et (mal) dissimulée sous un paternalisme mielleux. Leur seule bouée de sauvetage provient du fait que les droits dont ils bénéficient sont inscrits dans la Constitution adoptée, en 1988, si bien qu’il sera difficile au gouvernement de revenir dessus par simple décret. Pour autant, la guerre est déclarée et le combat s’annonce rude.


L’objet de cet article est d’abord de faire le point sur ce qui est en jeu, notamment en rappelant les fondements juridiques de l’existence des territoires amérindiens et en précisant leur extension et leur répartition à l’heure actuelle. Nous reviendrons ensuite sur le contexte idéologique du nouveau gouvernement fédéral et sur les premières mesures prises par celui-ci, qui démontrent clairement à quel point la nouvelle orientation se veut agressive et en rupture avec le passé…



Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Gouvernement Bolsonaro v. peuples amérindiens : l’épreuve de la Constitution

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie Confins : O governo Bolsonaro contra os Povos Indígenas: as garantias constitucionais postas à prova

Tuesday, 21 July 2020

Brésil : la criminalité, problème numéro un

By Bruno Racouchot



La criminalité, problème n° 1 : tel était le condensé de l’entretien que m’avait accordé, en juillet 2018, à Brasilia, Flavio Werneck Meneguelli, vice-président de la Fédération nationale des policiers fédéraux. Il faut reconnaître que les chiffres à l’état brut donnent le vertige. Le dernier annuaire brésilien de sécurité publique (2018) recense 63 880 homicides, en 2017, en accroissement de 2,9 % au regard de l’année précédente. Soit un ratio de 30,8 % pour 100 000 habitants. Pour mémoire, en Europe, le taux est environ de 1 pour 100 000. Pour mémoire également, il faut se souvenir que l’on recensait moins de 20 000 homicides par an au Brésil, à l’aube des années 1980, avant que les militaires ne quittent le pouvoir. Les professionnels de la sécurité publique estiment, en outre, qu’il convient d’ajouter à ce bilan 2017, une partie des 82 684 personnes recensées comme disparues la même année. Si l’on met ces chiffres en regard des attaques terroristes, on demeure proprement confondu : l’Atlas de la violence 2017 au Brésil montre que le nombre de morts liés à des actes de terrorisme est inférieur au nombre d’homicides commis dans le seul Brésil pour chaque période de trois semaines : 3 314 décès imputables au terrorisme annuellement contre 3 400 meurtres toutes les trois semaines au Brésil. Autre comparaison frappante : durant les cinq années où a culminé la guerre en Syrie, on y a cependant compté moins de morts qu’au Brésil.

Si l’on poursuit notre investigation dans l’aire criminelle brésilienne, pour ce qui est des viols déclarés, ils s’élèvent à 60 018, en 2017, soit une hausse de 8,4 % par rapport à 2016.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Brésil : la criminalité, problème numéro un

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsA criminalidade, problema n°1

Intronisation d’un « Trump tropical »

By Marion Aubrée



La dernière élection présidentielle, au Brésil, a laissé perplexes tous ceux qui s’intéressent de près à ce pays. En effet, l’arrivée au pouvoir d’un ex-militaire fascisant, ultra-libéral, raciste, machiste et homophobe était bien la dernière des choses auxquelles on pouvait s’attendre dans un pays qui, après bien des années noires, avait réussi, il y a un peu plus de trente ans, à faire rentrer son armée dans les casernes à force de protestations et de négociations. Quels sont donc les éléments pouvant nous permettre de tenter une explication de ce phénomène inattendu qui a amené au pouvoir, à travers une élection démocratique, l’ex-capitaine et député fédéral Jair Bolsonaro quasiment inconnu ailleurs qu’à Rio, il y a un an ? En tant qu’anthropologue travaillant au Brésil depuis quarante ans sur les divers courants religieux qui informent les croyances et les opinions des habitants du pays, je m’attacherai au long de ce texte à mettre en évidence les successives transformations des mentalités et des imaginaires religieux ainsi que les conjonctures politiques qui ont favorisé ce dénouement inopiné.

Jair Bolsonaro, qui avait longtemps revendiqué un catholicisme pas très « libéré », s’est converti à l’évangélisme, en 2016, et a décidé d’aller en Israël se faire baptiser dans le Jourdain, de manière spectaculaire (mai 2016).


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Intronisation d’un « Trump tropical »

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie Confins : Intronização de um "Trump tropical"


Éclairages cartographiques sur l’élection présidentielle de 2018

By Hervé Théry



Jair Bolsonaro est depuis le 1er janvier 2019, le 38e Président de la République fédérative du Brésil, après avoir été élu, le 28 octobre 2018, sous les couleurs du Parti social libéral (PSL). Un mois plutôt il était donné dans tous les sondages comme battu par tous les autres candidats possibles et cette élection a donc été une énorme surprise pour tous les observateurs, à l’étranger mais aussi au Brésil. Il s’en était même fallu de peu qu’il ne soit élu au premier tour, où il avait recueilli 46,03 % des votes.

Cent jours plus tard il est trop tôt pour juger les résultats de son action mais du moins peut-on essayer de comprendre les raisons de cette surprenante élection. Pour cela nous avons choisi d’utiliser la cartographie comme moyen d’éclairage des résultats de cette élection surprenante.

Ceux-ci seront représentés au moyen de cartes, construites par traitement de données de nature diverse obtenues à partir de sources officielles et non officielles, de variables et d’indicateurs traditionnels ou plus innovants. Des analyses multivariées (analyse factorielle et par clusters) sont parfois utilisées pour l’élaboration de synthèses elles aussi cartographiques. Ces cartes sont ensuite interprétées, commentées et liées aux structures élémentaires du territoire (Théry, 1986), encore valables car rien n’est plus résilient que ces structures fondamentales.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Éclairages cartographiques sur l’élection présidentielle de 2018

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie Confins : Análise cartográfica da eleição presidencial de 2018

Le Brésil à l’envers


Dans son ancien bureau de député, les murs tapissés de portraits de ceux qu’il considère comme les « héros de la patrie » – les généraux au pouvoir pendant la dictature au Brésil, de 1964 à 1985 – rappellent à qui voudrait l’ignorer qui est Jair Bolsonaro : un ex-capitaine d’infanterie de 62 ans épris d’ordre, obsédé par la menace « communiste », enragé contre la « perversité du monde moderne », capable d’affirmer que la seule erreur du régime militaire fut « de torturer au lieu de tuer ».

Nostalgique d’un passé que beaucoup de Brésiliens voudraient oublier, celui qui n’était qu’un parlementaire de seconde zone est parvenu à se hisser au sommet de l’État au terme d’une élection hors norme, suscitant tantôt la frayeur, tantôt la stupéfaction dans le pays et hors de ses frontières. La victoire de l’ancien parachutiste qui, pendant près de trente ans au Congrès, s’est davantage illustré pour sa vulgarité et ses provocations que pour son activisme politique, a donné à voir le malaise d’un Brésil englué dans une crise économique, politique, sociale et morale.

Hier, star des émergents, le pays est venu grossir les rangs des démocraties tentées par le repli sur soi. Ce club mondial du « national-populisme » formé, entre autres, par les États-Unis, la Pologne, l’Italie ou la Hongrie, que compte fédérer Steve Bannon, ex-directeur de la campagne électorale de Donald Trump.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Le Brésil à l’envers

Florilège du président

Propos recueillis et traduits par Hervé Théry


• « En réalité, la cavalerie brésilienne a été très incompétente. La cavalerie américaine a été bien plus compétente, elle a décimé les Indiens et de nos jours, ce problème ne se pose plus dans son pays ». Le 15 avril 1998, dans un discours prononcé, à la Chambre des députés, alors qu’il était encore député fédéral du PPB (PP actuel) et publié au Journal officiel, le lendemain.

• « Je suis devenu député fédéral pour ne pas avoir à prendre d’autobus ou de fourgonnette, et pour bien vivre ». En août 2013, à un vendeur de rue qui lui demandait si les transports publics ne fonctionneraient pas mieux au cas où les politiciens les emprunteraient.

• « L’erreur de la dictature a été de torturer au lieu de tuer ». Juillet 2016, à l’émission Pânico, sur la radio Jovem Pan.

• « Pinochet aurait dû tuer plus de monde » 2 décembre 1998, lors d’une interview à la revue Veja.

• « Sous la dictature, ils auraient dû tuer à peu près 30 000 personnes corrompues, à commencer par le président Fernando Henrique Cardoso ». En mai 1999, à la télévision, alors qu’il proposait de fermer le Congrès national.

• « J’ai eu quatre fils, la cinquième fois j’ai eu un moment de faiblesse et ça a été une fille ». En avril 2017, lors d’une conférence au Clube Hebraico.

• « Les femmes doivent gagner moins, car elles tombent enceintes. À leur retour [de congé de maternité], elles prennent encore un mois de vacances, ce qui signifie qu’elles ont travaillé cinq mois en un an »…


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Friday, 26 June 2020

Quo vadis Brésil ? Perspectives économiques d’un géant malade



Prévoir un ou plusieurs futurs possibles pour le Brésil est aujourd’hui particulièrement malaisé pour deux raisons : l’une spécifique tient au contexte international particulièrement mouvant, l’autre, au choc politique que connaît le pays avec l’élection d’un président désirant rompre avec les politiques économiques et sociales décidées depuis le retour à la démocratie dans les années 1980.

Le contexte international paraît de plus en plus instable, avec à la fois la montée en puissance de la Chine et la baisse relative de celle des États-Unis ; les changements brutaux des « règles du jeu » qui gouvernaient jusque récemment la globalisation commerciale ; le ralentissement de la croissance des échanges internationaux et l’adoption de mesures protectionnistes ; le bouleversement des technologies et la montée en puissance de l’intelligence artificielle et des automatisations ; enfin la probabilité non négligeable d’une crise financière internationale.

La politique économique proposée par le nouveau gouvernement sera probablement difficile à mettre en place et a de fortes chances de souffrir de ce que Habermas nommait un déficit de rationalité, c’est-à-dire une incapacité à mettre en œuvre un programme économique controversé conduisant à une politique libérale certes, mais boiteuse. En effet, les lignes générales connues à ce jour (fin janvier 2019) portent en elles les germes de multiples dilemmes entre souverainisme, libéralisme, et interventionnisme. Elles sont de nature à relancer des oppositions au sein de ceux qui ont appuyé l’arrivée de Bolsonaro à la présidence mais également des mouvements sociaux…


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Quo vadis Brésil ? Perspectives économiques d’un géant malade

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsQuo vadis Brasil? Quais são as perspectivas econômicas de um gigante enfermo?

Le même et l’autre



Il n’a fallu qu’un mois aux personnes les mieux informées pour se rendre compte que Jair Bolsonaro et ses plus proches alliés n’avaient pas la stature nécessaire pour gouverner un pays de 220 millions d’habitants, divisé et moralement détruit, littéralement en train de s’effondrer. Dans le même temps, les divisions et luttes internes au sein de cette coalition (formée à la hâte pour empêcher Luiz Inácio da Silva de se présenter à l’élection présidentielle), se manifestaient, et de nombreux analystes prévoient déjà, pour bientôt, la « défenestration » de certains membres du gouvernement, ou du président lui-même. Quoi qu’il en soit et quoi qu’il arrive, à court terme, il y a un problème plus important et qui reste sans réponse à long terme : quel est le projet du gouvernement pour ce pays ?

Avec ou sans Bolsonaro, que propose ce conglomérat hétérogène de personnes face au défi d’une économie qui stagne depuis des années ? D’une société de plus en plus inégale et violente ? Et d’un peuple de plus en plus pauvre et sans espoir d’avenir pour ses enfants et ses petits-enfants, lesquels quittent le pays ? Dire qu’il s’agit un gouvernement d’extrême droite, populiste et à tendances fascistes ne répond pas automatiquement à notre question, car de nombreux gouvernements situés dans des endroits variables de la planète se définissent aujourd’hui de la même façon et sont totalement différents les uns des autres. 


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Le même et l’autre

Le Brésil face à un avenir incertain



Le Brésil d’aujourd’hui ne ressemble guère à ce qu’il était à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Sa population atteignait à peine 40 millions d’habitants. Elle est plus de cinq fois supérieure – 212 millions, en 2017, la barre des 100 millions ayant été franchie, en 1972, celle des 200, en 2012. C’était un pays jeune, à natalité élevée. L’espérance de vie avoisine aujourd’hui les 75 ans, mais le taux de fécondité n’est plus que de 1,69 : les générations montantes sont moins nombreuses : les écoles primaires se vident. Le pays a connu une transition démographique rapide : son régime de retraite n’est plus adapté à une population qui vieillit.

Malgré la présence de deux grandes agglomérations, Rio de Janeiro et São Paulo, le Brésil était largement rural. Sa population est aujourd’hui urbanisée à plus de 85 %. Le couloir urbain Santos-São Paulo-Campinas compte à lui seul plus de 25 millions d’habitants. vingt agglomérations rassemblent plus d’un million d’habitants, dont douze plus de deux millions. Plus de 56 % des Brésiliens résident dans des municipes de plus de 100 000 âmes.

Le Brésil était un pays agricole. Il ne compte plus que 8 % d’actifs dans ce secteur, qui ne contribue plus qu’à hauteur de 5 % au produit intérieur brut. L’industrie, limitée à un petit nombre de foyers du Sud-Est et du Sud, en était à ses débuts. Proportionnellement à la population, elle occupe aujourd’hui autant de monde qu’en France.

De Natal à la frontière uruguayenne, le Brésil peuplé et actif restait limité à une bande littorale plus ou moins large…


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Le Brésil face à un avenir incertain

La version portugaise est disponible sur le site internet de la revue franco-brésilienne de géographie ConfinsO Brasil enfrenta um futuro incerto

Une comparaison de deux incendies et des réactions qu’ils ont provoquées



Deux incendies ont affecté récemment le patrimoine du Brésil et de la France, celui du Museu Nacional de Rio de Janeiro le 2 septembre 2018 et celui de Notre Dame de Paris, le 15 avril 2019. Cela nous a paru être l’occasion de nous interroger quant au rapport à l’histoire et au sentiment national dans les deux pays. Le texte qui suit, destiné à alimenter la réflexion, consiste essentiellement en un collage de textes (à peine édités) et d’images recueillies sur Internet, dont les références figurent pour les textes en webographie (ci-dessous) et pour les crédits des photos sous les images.

Le 2 septembre 2018, un incendie s’est déclaré au Musée national du Brésil de Rio de Janeiro. Les sapeurs-pompiers ont été mobilisés à 19 heures 30 et sont arrivés rapidement sur les lieux. Finalement, le feu a été maîtrisé après deux heures du matin. La perte sur le plan du patrimoine historique et culturel est considérable, les collections du musée comptant en effet quelque vingt millions d’objets. La police fédérale a conclu, le 4 avril 2019, que l’incendie a été provoqué par un dysfonctionnement de la climatisation dans l’auditorium, et qu’il s’est propagé rapidement en raison d’un manque d’équipements de lutte contre les incendies.

Le Musée national présentait des déficiences au regard de la sécurité incendie, l’institution ne disposait pas d’un rapport d’expertise actualisé établi par le comité d’inspection du corps de sapeurs-pompiers. En 2004, un avertissement avait été émis par le gouvernement de l’État de Rio de Janeiro signalant que le Musée national était exposé au risque d’incendie, en raison de la mauvaise qualité des installations électriques de l’édifice…


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 56 de la revue Outre-Terre intitulé, "Le Brésil et la révolution géopolitique mondiale" : Une comparaison de deux incendies et des réactions qu’ils ont provoquées

Relations Inde-Maurice : jusqu’où ira le « chotabharatisme » ?

By Shafick Osman


Qui veut comprendre la politique mauricienne et de surcroît, sa politique étrangère, doit absolument avoir des notions de sa géopolitique interne, plus particulièrement celle portant sur les différentes « communautés » de Maurice et l’histoire du pays, notamment sur la colonisation française (1715 – 1810), l’abolition de l’esclavage de 1835, et l’arrivée massive de travailleurs indiens, après l’abolition de l’esclavage, soit au milieu du 19e siècle, qui a considérément changé la démographie de l’île car les « indo-mauriciens » sont devenus, après quelques décennies, la communauté majoritaire du pays au détriment de cette communauté maladroitement appelée « population générale » qui regroupe tant les « blancs », les créoles (métis) et les « afro-créoles » (les « noirs », des descendants d’esclaves essentiellement).

Dernier élément dans cet effort de compréhension la composition religieuse de la population mauricienne qui, selon le dernier recensement de 2011, établit que les hindous sont à 48,5% (recul de 2,5%), les chrétiens à 32,7% (augmentation de 1,4%), les musulmans à 17,3% (0,7% de plus), et les bouddhistes et autres religions « chinoises » à 0,4% (baisse de 0,3%).


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié dans le numéro 54 - 55 de la revue Outre-Terre intitulé, Nouvelle Delhi ? : Relations Inde-Maurice : jusqu’où ira le « chotabharatisme » ?

(lu 172 fois, au 26 juin 2020)

L’Inde et la domination de l’océan Indien : les îles comme pièces maîtresses

By Christian Bouchard


Depuis la fin de la Guerre froide et les années 1990, le contexte géopolitique et stratégique de l’océan Indien a grandement évolué. Parmi les grandes évolutions, notons l’importance accrue des flux maritimes, l’intensification des flux énergétiques, un accroissement démographique considérable, le développement de nombreux conflits armés, l’accroissement des menaces non traditionnelles, la prolifération nucléaire ainsi que l’influence grandissante des deux géants asiatiques que sont l’Inde et la Chine. Sur le plan naval, le développement d’une marine de haute mer par l’Inde, le déploiement permanent de la marine chinoise et un engagement accru des puissances occidentales concourent à une nouvelle phase de compétition stratégique et de militarisation dans l’océan Indien, mais aussi à une certaine coopération internationale dans la lutte collective aux menaces non traditionnelles telles que la piraterie maritime, les trafics illégaux, les migrations clandestines et la pêche illégale. C’est dans ce contexte complexe et mouvant que doivent s’apprécier aujourd’hui la valeur stratégique et le rôle militaire des États et territoires insulaires de l’océan Indien.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié dans le numéro 54 - 55 de la revue Outre-Terre intitulé, Nouvelle Delhi ? : L’Inde et la domination de l’océan Indien : les îles comme pièces maîtresses

(lu 417 fois, au 26 juin 2020)

Diplomatie navale de l’Inde dans l’océan Indien

By Vallabhu Srilatha (translated by Valeria Ferretti and
Shafick Osman)


L’océan Indien, troisième plus grand océan du monde, comprend quarante-huit États côtiers et insulaires, dont dix-huit en Afrique, onze au Moyen-Orient, sept en Asie du Sud, six en Asie du Sud-Est, cinq États insulaires et l’Australie.


Au milieu de l’océan Indien, l’Inde surplombe dans la région les lignes de communications maritimes (SLOCs) ; sa proximité aux points d’étranglement (choke points) de la région de l’océan Indien (ROI) et sa forte dépendance à l’océan en ce qui concerne ses ressources énergétiques et son commerce la rendent vulnérable tant sur les plans conventionnel et non conventionnel qu’aux défis sécuritaires. La Marine indienne a été parmi les premières à reconnaître les implications de la réorientation plus internationale du pays au début des années 1990. La situation a évolué et l’Inde est passée de la période du non-alignement à une collaboration avec les grandes puissances, les acteurs régionaux et les petits États du littoral de l’océan Indien.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié dans le numéro 54 - 55 de la revue Outre-Terre intitulé, Nouvelle Delhi ? : Diplomatie navale de l’Inde dans l’océan Indien

(lu 324 fois, au 26 juin 2020)

Rivalités océaniques entre l’Inde et la Chine

By Gilles Boquérat


Lorsque les Chinois occupèrent les îles Paracels au début de l’année 1974, la réaction, ou plutôt l’absence de réaction officielle, retint l’attention de l’ambassade de France à New Delhi. Un diplomate se déplaça pour rencontrer le chef du bureau des affaires chinoises au ministère des Affaires étrangères indien. Ce dernier commenta que « l’occupation par la force des îles Paracels doit être considérée comme le signe précurseur d’une stratégie des mers du Sud, qui, de la part de Pékin, vise à encercler l’Asie du Sud-Est et à y exercer en fin de compte la plus grande influence possible dans les domaines stratégique, politique et économique ». Les îles Spratleys également revendiquées pourraient bien être le prochain objectif, permettant à Pékin de contrôler une voie de passage stratégique. Encore plus préoccupante était la mansuétude de Washington qui, dans un front anti-Moscou, pourrait permettre à l’avenir une certaine extension de l’influence chinoise dans tout l’océan Indien et jusqu’à la côte orientale de l’Afrique. Quarante ans plus tard, si l’Union soviétique a disparu et que les États-Unis sont sur leurs gardes vis-à-vis de Pékin, l’hypothèse n’en demeure pas moins valable avec la Chine construisant à Djibouti sa première base militaire à l’étranger et l’Inde étant de plus en plus préoccupée par les intrusions croissantes de la Marine chinoise dans son périmètre traditionnel de sécurité.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié dans le numéro 54 - 55 de la revue Outre-Terre intitulé, Nouvelle Delhi ? : Rivalités océaniques entre l’Inde et la Chine

(lu 331 fois, au 26 juin 2020)

Wednesday, 24 June 2020

Inde - Afrique : l’échelle intercontinentale

By Nathanaël Herzog


1,396 milliard d’Indiens en 2025 et 2,5 milliards d’Africains à l’horizon 2050. Delhi a compris que pour devenir une très grande puissance, elle doit changer d’échelle et que l’Afrique précisément peut lui tenir de tremplin. Cherchant à prendre sa revanche sur l’histoire coloniale, la sixième (bientôt cinquième) puissance économique mondiale veut retrouver une place de premier plan sur la scène internationale avec un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, faire son entrée au G7 et jouer un rôle plus important au sein de l’OMC. Elle va donc doper son soft power de plus grande démocratie du monde sur le continent : ouverture de 18 nouvelles ambassades sur le continent d’ici à 2021, le nombre des missions indiennes résidentes passant de 29 à 47 (une de moins que la Chine et trois de moins que les États-Unis) ; elle s’appuiera sur sa diaspora de quelque 2,5 millions de personnes. Des Indiens qui sortent de leur pré-carré est-africain et s’installent progressivement en Afrique de l’Ouest : Sénégal, Côte d’Ivoire, Ghana ou Mauritanie. D’après Africa-India Facts & Figures 2015, publié conjointement par l’Economic Commission for Africa des Nations-unies et la Confederation of Indian Industry, pour la période 2010-2015, les exportations de l’Inde vers l’Afrique ont augmenté de 93% et les importations à partir de l’Afrique vers l’Inde de 28%.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié dans le numéro 54 - 55 de la revue Outre-Terre intitulé, Nouvelle Delhi ? : 2018/1 Inde-Afrique : l’échelle intercontinentale

(Lu 286 fois, au 24 juin 2020)

Le partenariat stratégique entre l’Inde et Israël

By Efraim Inbar (translated by Laurent Amelot)


L’Inde et Israël sont deux civilisations anciennes. Ensemble, ils partagent un passé colonial sous domination britannique et ont été les premiers à devenir indépendants (en 1947 et 1948, respectivement) lors de la vague de décolonisation qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Tous deux sont nés du résultat de partitions désordonnées et ont, depuis lors, préservé le caractère démocratique de leur régime en dépit de conditions parfois très défavorables. Alors que Jérusalem a toujours été intéressé à entretenir de bonnes relations avec l’Inde, Delhi a longtemps hésité à nouer des relations diplomatiques complètes avec l’Etat hébreu. À l’origine, les dirigeants indiens avaient une perspective antisioniste. Après l’indépendance, ils montrèrent une grande sensibilité à l’égard du bloc arabe, ce qui peut s’expliquer par l’existence d’une importante minorité musulmane en Inde même. Il faudra donc plus de quatre décennies à Delhi pour surmonter ses réticences et établir des relations bilatérales fructueuses avec Israël.


Pour la suite et l'intégralité de l'article publié dans le numéro 54 - 55 de la revue Outre-Terre intitulé, Nouvelle Delhi ? : Le partenariat stratégique entre l’Inde et Israël

(Lu 242 fois, au 24 juin 2020)

La dynamique des relations entre Inde et Russie

By Himani Pant (translated by Esther Feingold)


Un reportage du Los Angeles Times de 1986 qualifiait le partenariat indo-soviétique comme « le plus solide bien que le plus étrange qui fût ». L’affirmation était correcte dans la mesure où cette relation n’était pas fondée sur des valeurs communes, mais sur des intérêts nationaux. L’entente entre les chefs d’État suivants se poursuit de nos jours et elle traduit une résilience immunisée contre les changements politiques. La fondation officielle de ce partenariat remonte à l’année 1947 quand les relations diplomatiques entre l’Inde et l’Union soviétique furent établies.

Dans les années 1950, l’Union soviétique commença à réorienter son attention vers l’Asie du Sud afin de contrebalancer l’influence des États-Unis dont elle avait le sentiment qu’ils « attrapaient l’un après l’autre les pays d’Asie faibles et dociles pour les accrocher à leurs wagons ». Dans le cadre de cette quête d’influence elle avança aussi bien avec l’Inde qu’avec le Pakistan.

Le facteur Chine joua également un rôle important dans la consolidation des relations indo-russes. La rupture sino-soviétique devenant tangible dans les années 1960. Et ce alors que l’Inde avait son propre lot de désaccords avec la Chine. Au fur et à mesure que les relations sino-soviétiques se détérioraient, l’Urss trouva dans l’Inde un partenaire de bonne volonté. Qui plus est : l’Inde était aussi bien préoccupée par l’aide US au Pakistan ainsi que la présence des États-Unis dans l’océan Indien (base aérienne et navale US sur l’île de Diego Garcia).


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(Lu 241 fois, au 24 juin 2020)

L’Inde et l’Otan : quel partenariat ?

By Sébastien Goulard


Selon la Banque mondiale, l’Inde est devenue la sixième économie mondiale en 2017 devant la France. Elle a aussi surpassé la France dans le domaine militaire puisque selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), l’Inde occupe désormais la cinquième place pour ses dépenses militaires après les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Arabie saoudite. L’Inde est aussi le premier importateur d’armement au monde, devant l’Arabie saoudite (pour la période 2012 - 2016), les fournitures provenant principalement de la Russie son partenaire historique ; et elle espère devenir une puissance exportatrice d’armes Make in India. Puissance nucléaire depuis 1974, mais ne siégeant pas comme membre permanent au Conseil de sécurité de l’Onu, l’Inde cherche à renforcer sa puissance militaire et diplomatique.

D’autre part, les États-Unis, notamment sous l’Administration de Donald Trump, semblent considérer l’Inde comme un partenaire stratégique très proche au même titre que certains membres de l’Otan. Sans parler d’une adhésion de Delhi à l’Otan, pourrait-il avoir un rapprochement entre l’Inde et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord ?

Les réactions américaines à l’acquisition d’un système de défense antiaérienne russe par Delhi nous montre que ce partenariat reste fragile.


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(lu 265 fois, au 24 juin 2020)

Les partenariats stratégiques de l’Inde avec la Chine et les États-Unis : l’impossible équilibre ?

By Isabelle Saint-Mézard


La conduite simultanée des relations avec Pékin et Washington constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis auquel la diplomatie indienne est confrontée sur les plans régional et international. Les relations que l’Inde entretient avec l’un sont désormais attentivement observées par l’autre, et peuvent même le conduire à calibrer ses propres liens bilatéraux avec New Delhi en conséquence. Les relations Inde-Chine et Inde-États-Unis connaissent donc un certain degré d’interdépendance et il s’agit là d’un développement récent, apparu à la toute fin des années 1990, et qui est allé s’intensifiant depuis. Cette configuration n’est cependant pas inédite d’un point de vue historique. Pendant les années 1950 en effet, Washington surveillait de près – et non sans irritation – les efforts du Premier ministre Nehru pour gagner l’amitié de la nouvelle République populaire de Chine ; à l’opposé, Mao soupçonnait l’Inde d’aider les États-Unis à conduire des opérations de déstabilisation au Tibet (ce qu’elle ne fit vraiment – et encore de façon limitée – que de 1962 à 1965). En dépit de sa bonne volonté, Nehru se retrouva donc en porte-à-faux avec les deux États. Ses tentatives pour servir de médiateur auprès de la Chine maoïste contribuèrent à brouiller sa relation avec les États-Unis. Quant aux relations avec la Chine, elles tournèrent au conflit. L’incapacité des deux voisins à s’entendre sur la démarcation frontalière conduisit à une confrontation armée fin 1962, qui s’acheva en débâcle militaire pour l’Inde.


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(lu 205 fois au 24 juin 2020)

Monday, 15 June 2020

Les relations nippo-indiennes dans l’ère de l’Indo-Pacifique

By Noemi Lanna (translated by Esther Baron)


La « nouvelle ère des relations nippo-indiennes » semble initiée dès avant sa proclamation officielle par le Premier ministre Abe à l’occasion de sa visite en Inde en décembre 2015. Depuis 2000 – année durant laquelle fut lancé le partnership stratégique entre l'Inde et Japon – l’entente entre les deux pays s’est sensiblement renforcée. Dans le cadre économique on est passé d’une relation bilatérale marquée par des asymétries prononcées à une synergie favorisée par la complémentarité entre l’Abenomics, le programme de réformes économiques lancé par le Premier ministre Abe et l’Act East Policy, fortement voulue par son homologue Modi.

L’assistance affectée par le Japon continue d’avoir un poids significatif : l’Inde occupe toujours le premier rang sur la liste des pays destinataires d’aides publiques au développement (ODA) japonaises sous forme de prêts et, à l’occasion du sommet tenu en septembre 2014, le Japon s’est engagé à réaliser des investissements (y compris les ODA) pour une valeur de 3,5 trillions de yen dans les cinq années à venir. Il s’agit d’un objectif qui ne sera pas difficile à atteindre si l’on considère que les investissements directs étrangers du Japon, en Inde, qui s’élevaient à un peu moins de 29,8 milliards de yen, en 2005, frôlent actuellement les 500 milliards (465 en 2016). Toutefois, à la différence de ce qui advenait il y a quelques décennies, l’assistance ne constitue qu’un des cadres d’interaction entre les deux économies. La signature du Comprehensive Economic Partnership Agreement entre les deux pays (février 2011) a multiplié les opportunités de coopération, favorisant une augmentation du commerce. Entre 2005 et 2016, le volume des échanges de l’Inde avec le Japon a quasiment doublé et celui du Japon avec l’Inde à peu près triplé.


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(Lu 217 fois au 15 juin 2020)

Inde-Corée : la route n’est plus si longue

By Maurizio Riotto (translated by Esther Baron)


Les premiers rapports entre la Corée et l’Inde sont suspendus entre la réalité et la légende. Le Samguk yusa (Mémoires des Trois Royaumes), texte historique coréen achevé par le moine bouddhiste Iryŏn (1206-1289) autour de 1280, rapporte au deuxième livre un fragment (sinon une reprise complète) du Karakkuk-ki (Chroniques de Karak), relatif à la fondation même du royaume di Karak (ou Kaya), où les destins du sous-continent indien se rencontrent déjà avec ceux de la péninsule coréenne. Le texte rapporte entre autre que le fondateur du royaume, le roi Suro [référence traditionnelle 42-199 (!)], tarde à prendre épouse, attendant que la volonté du Ciel y pourvoie. C’est ainsi qu’en l’année mentionnée par la chronologique traditionnelle comme l’an 48 après J.-C. arrive sur les rives du royaume de Kaya un vaisseau avec à son bord une noble jeune fille et sa suite. Elle se présente en ces termes :

« Je suis une princesse du pays d’Ayut’a. Mon nom est Hŏ je suis âgée de seize ans. Cinq mois auparavant le roi mon père et la reine ma mère me dirent : ‘La nuit dernière nous avons vu en rêve le Seigneur du Ciel qui nous a appris que le roi Suro de Karak était était descendu sur terre par son ordre et que c’était un homme saint et animé de l’esprit divin. Celui-ci avait depuis peu édifié son propre État et n’a pas encore élu une compagne ; voilà pourquoi le Seigneur du Ciel nous a dit de t’envoyer toi, afin de devenir sa reine’ ».


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(Lu 221 fois au 15 juin 2020)

Delhi vu de Pékin

By Zhang Yike


Ces dernières années, tout comme l’ascension de la Chine, « l’émergence de l’Inde » est devenue une expression fréquemment évoquée. Il se peut qu’il y ait toujours un débat sur le mode de développement, les potentialités et l’influence de chacun des deux pays. Il n’en reste pas moins que ces deux puissances importantes n’entretiennent pas des relations importantes. D’un point de vue historique et géographique, les échanges entre la Chine et l’Inde restèrent limités alors que toutes deux étaient des civilisations millénaires. L’obstacle de la chaîne de l’Himalaya ainsi que l’absence d’une tradition maritime cohérente en Chine empêchaient les aventures chinoises en Asie du Sud en même temps que les conflits étaient évités. La colonisation de deux pays mit fin à l’isolement, à la fois l’un par rapport à l’autre et par rapport au reste du monde. Par ailleurs, contrairement à d’autres relations bilatérales stables à long terme, la relation sino-indienne se trouve actuellement dans une période de changement rapide et elle évoluera considérablement à l’avenir. La réforme et l’ouverture de la Chine à la fin des années 1970 et les réformes de l’Inde au début des années 1990 ont conduit à des changements majeurs influant directement et indirectement sur les relations bilatérales dans presque tous leurs aspects. Aujourd’hui des types d’administration différents, l’écart entre les niveaux économiques et les ambitions géopolitiques sont non négligeables.


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(Lu 356 fois au 15 juin 2020)

L’emprise financière de la Chine sur Sri Lanka : quelles implications pour l’Inde ?

By Laurent Amelot


Stratégiquement localisé au sud de l’Inde continentale, à l’ouest des îles Andaman et Nicobar et à proximité immédiate de la principale artère du commerce maritime entre l’Orient et l’Occident, Sri Lanka est confronté aux trois principaux défis des petits États dans la conduite de leurs relations internationales. Le premier concerne leur capacité à assurer leur indépendance face à un voisin immédiat potentiellement hégémonique et avec lequel les relations sont largement déséquilibrées eu égard à leur puissance politique, économique, démographique et militaire respective.

Le deuxième est lié à la gestion d’une même communauté ethnique chez les deux voisins mais susceptible, chez le puissant, du fait de son poids politique intérieur, d’influencer la direction et la conduite de la politique étrangère et, chez le petit État, de représenter une force en quête d’autonomie, capable de remettre en question les fondements de l’unité et de la souveraineté nationale, ainsi que l’intégrité territoriale. Cette attitude est de nature à conduire le petit État à percevoir son puissant voisin comme une menace. Le troisième participe de la capacité du petit État à se détacher de son face-à-face inégal avec son puissant voisin par un rapprochement avec un ou plusieurs acteurs extra-régionaux afin de rééquilibrer son lien bilatéral avec la puissance régionale locale sans toutefois devenir dépendant de l’un des acteurs extra-régionaux, devenu son nouveau partenaire.


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(Lu 303 fois au 15 juin 2020)

L’Arakan, une situation typique de frontière

By Alexandra de Mersan


Deux attaques ont été menées en Arakan (Birmanie), en octobre 2016 puis en août 2017, par un groupe armé au nom de la défense des musulmans – connus comme Rohingyas. La violence de la répression et des exactions de l’armée birmane (Tatmadaw) dans ses opérations de recherche des assaillants (qu’elle qualifie de terroristes) a été telle qu’elle a conduit près de 700 000 personnes, la plupart musulmanes, à se réfugier au Bangladesh voisin. En 2012 déjà, alors que le pays avait entamé une transition démocratique, des violences intercommunautaires entre populations bouddhistes et musulmanes avaient éclaté dans cette région.

Le drame le plus récent s’ajoute à d’autres qui eurent cours depuis la Seconde Guerre mondiale, provoquant également de massifs mouvements de populations de part et d’autre de la frontière.

La récurrence de ces affrontements incite à examiner plus attentivement cette situation de frontière et la création de celle-ci en lien avec la construction de la nation birmane.

Il s’agit de comprendre le double processus conjoint de construction de frontières raciales et nationales, initié à l’époque coloniale, à l’issue duquel la race, on dira ensuite l’ethnie, est devenue une dimension prédominante dans les appartenances et dans les conditions d’accès à la citoyenneté et au cours duquel les musulmans d’Arakan, progressivement marginalisés, sont devenus étrangers puis exclus de l’espace national. Ce legs colonial qui perdure éclaire en partie la situation contemporaine. Un détour par l’histoire permet d’en appréhender certains aspects.


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(Lu 194 fois au 15 juin 2020)

Inde - Pakistan : sept décennies de méfiance, de défiance et d’opportunités perdues

By Olivier Guillard


Il y a de cela soixante et onze ans, à l’été 1947, après deux siècles d’une omnipotente présence commerciale, politique et coloniale dans le sous-continent indien, la couronne britannique, éreintée par la Seconde Guerre mondiale autant que consciente de l’irrésistible appétence des peuples pour la décolonisation, décidait enfin de dissoudre son British Raj en Asie méridionale et de laisser aux populations locales le soin de décider de leur quotidien, de façonner leur futur. Une décision politique de bon sens mais exécutée dans une précipitation coupable aux conséquences lourdes, sur laquelle nous reviendrons plus loin ; un retrait opéré dans des conditions passables expliquant – pour partie seulement – le cadre maussade (quand il n’est pas critique) dans lequel évolue encore au printemps 2018, trois générations d’homme plus tard, le « couple » indo-pakistanais. À contretemps et contre-emploi d’une mondialisation qui, en ce XXIe siècle achevant déjà sa seconde décennie, imposerait logiquement à ces deux mastodontes – 1,5 milliard d’habitants à eux deux – prometteurs mais bornés, après avoir tant partagé des siècles durant, de mutualiser leurs moyens et potentiels respectifs pour un bénéfice mutuel. Ce serait hélas faire fi d’une litanie de drames – à commencer par ces quatre conflits dont le dernier remonte à moins de vingt ans –, de contentieux (nous reviendrons plus longuement sur la thématique effervescente de la souveraineté de l’ancienne Principauté du Cachemire) et d’une succession d’événements douloureux, délicats si ce n’est impossibles à oublier, à pardonner.


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(Lu 241 fois au 15 juin 2020)