Sunday, 18 July 2021

Ces pandémies qui ont tué des empires

 By Michel Gurfinkiel

 


La Mésopotamie est, entre l’an 4000 avant l’ère chrétienne et l’an 3000, l’un des premiers foyers de la vie urbaine. Des dizaines de cités de plusieurs milliers d’habitants apparaissent alors dans cette région. Ainsi Uruk, l’Erekh biblique : « En -3200, c’était la plus grande ville du monde, avec cinquante mille habitants à son apogée », écrit l’historien américain James Scott dans un ouvrage récent, Against the Grain. C’était aussi la capitale d’un Empire : non seulement les rois d’Uruk dominaient les régions agricoles avoisinantes et des cités secondaires, mais de surcroît ils contrôlaient un vaste réseau d’échanges « allant du Caucase au golfe Persique et du plateau iranien à la Méditerranée orientale ».

Mais l’archéologie révèle aussi qu’Uruk et les autres cités mésopotamiennes sont souvent frappées par des crises graves. La vie urbaine s’effondre, la population diminue brutalement, les Empires se disloquent. Ces « collapsus » semblent constituer la règle plutôt que l’exception.

Comment les expliquer ? Scott avance diverses hypothèses. Mais « plus nous disposons de sources écrites, plus les références aux maladies infectieuses et aux épidémies se multiplient : tuberculose, typhus, peste bubonique, variole ». En akkadien, épidémie se dit « mort certaine », « anéantissement ». C’est la rançon quasi automatique de la densité humaine, de l’exposition des humains à un nombre croissant d’espèces animales domestiquées, et des échanges commerciaux : autant de circonstances qui permettent aux bactéries et aux virus de se propager, s’hybrider, de muter…
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-241.htm.

Le volume est, lui, disponible dans les boutiques, librairies et bibliothèques numériques suivantes :

 

Les défis que lance la crise de la COVID-19 à New Delhi

 By Sébastien Goulard

 


L’Inde est le pays le plus nombreux au monde ; elle compte des villes surpeuplées et extrêmement polluées où la distanciation sociale reste exclue pour un quart de la population installés dans des bidonvilles ; l’épidémie de Covid-19 s’y annonçait catastrophique. Avec 9 520 décès dus à la Covid-19, la mortalité provoquée par la pandémie reste, cependant, encore sous contrôle et en-dessous des craintes formulées par les experts au début de la crise. Mais la situation pourrait changer rapidement, alors qu’après deux mois de confinement, l’Inde a entamé à partir du 1er juin 2020, la reprise progressive de son économie. Car comme dans les autres pays touchés par la Covid-19, les conséquences de cette pandémie ne sont pas que sanitaires, et cette nouvelle maladie pourrait aggraver les défis auxquels l’Inde est confrontée.

Le premier cas confirmé de la Covid-19 en Inde est survenu, le 30 janvier 2020. Les premières personnes infectées sont des étudiants indiens de retour de Chine, ou des voyageurs qui viennent de séjourner dans des foyers de la pandémie à l’étranger (Italie, Allemagne…). Très vite, le gouvernement met en place des dispositifs de dépistage dans les principaux aéroports du pays et le 11 mars 2020, l’Inde arrête de délivrer des visas touristiques. La Covid-19 est encore considérée comme une menace provenant de l’extérieur. Mais à partir du 15 mars, alors que l’Inde enregistre son centième cas de contamination, et qu’est découverte la présence de super propagateurs à l’intérieur du pays, de nouvelles mesures sont prises pour tenter d’endiguer la propagation…
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-229.htm.

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Être ressortissant étranger en Afrique du sud pendant la COVID-19

 By Dostin Lakika

 


Depuis le déclenchement de l'épidémie de la COVID-19, tous les gouvernements du monde cherchent des moyens d’endiguer la propagation de la pandémie. L'une des mesures adoptées dans un certain nombre de pays est le confinement. Après la proclamation de l'état d'urgence sanitaire, l'Afrique du Sud a été le premier pays africain à imposer un lockdown (restriction des mouvements des populations) de vingt-et-un jours qui a commencé le 26 mars et qui devait se terminer initialement le 16 avril 2020. Cette décision a été prise par le président de la République, Cyril Ramaphosa, à la lumière des rapports du comité scientifique national mettant en évidence la progression alarmante de la COVID-19. Dans un deuxième temps, le 9 avril, le président a annoncé une prolongation de deux semaines du confinement, au-delà de la période initiale de trois semaines. Il est important de souligner que l'Afrique du Sud est le premier pays africain à avoir enregistré un nombre élevé de cas positifs à la COVID-19 et que les projections illustraient une importante augmentation quotidienne du nombre de personnes infectées. Dans son discours du 9 avril, le président a déclaré que depuis le confinement à l'échelle nationale le taux de progression de nouveaux cas avait considérablement ralenti, la moyenne quotidienne d’augmentation passant de +42 % à +4%.

Le confinement est l'une des mesures qui non seulement restreignent la liberté de circulation des populations, mais qui perturbent également tous les aspects de la vie ordinaire…
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-221.htm.

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Iran : COVID-19, sécularisation et renouveau de l’imamat

 By Stéphane A. Dudoignon

 

 
Depuis la fin décembre 2017, la République islamique d’Iran (RII) était entrée dans une phase nouvelle de son histoire, marquée par une succession de mouvements sociaux qui allaient se poursuivre, dans tout le pays, au cours des mois voire des années suivantes jusqu’à janvier 2020, malgré une série de répressions plus ou moins ciblées. Très différents du mouvement Vert de l’été 2009 (ensemble de protestations contre la réélection jugée frauduleuse du président Mahmud Ahmadinejad), ils se distinguaient de ce dernier en touchant plus de régions et de classes sociales jusqu’alors globalement loyales envers le « système » (nazm) issu de la révolution de 1979. Ils se singularisaient, en outre, par leur impact sur l’appareil politico-religieux iranien et par l’étalement au grand jour, jusque dans les médias d’État, de dissensions croissantes au sein de ce dernier.

Depuis l’invasion du sanctuaire de l’Imam Reza à Machhad, le 28 décembre 2017, par une foule scandant le nom de Reza Shah, fondateur de la monarchie Pahlavi (1925 – 79), c’est une contestation souvent radicale de la République islamique, du Guide suprême ‘Ali Khamenei et des Gardiens de la révolution qui s’exprimait dans des médias, où même l’appui militaire de Téhéran à Bachar el-Assad put faire l’objet d’attaques frontales. Début 2020, la non-gestion de la pandémie de la Covid-19 a approfondi cette crise de légitimité. Soulevant nombre d’incertitudes, à un an de la fin de mandat présidentiel d’un Hassan Rohani fragilisé par les sanctions de l’administration Trump, elles ont aiguillonné la multiplication de tribunes alternatives…
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-215.htm.

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La COVID-19 et l’Arabie saoudite

 By Jean-François Seznec

 


La pandémie de la Covid-19 n’a épargné aucun des pays du golfe Arabique. Le Qatar a même le maigre honneur d’avoir le plus grand nombre de cas par habitant au monde. Cependant, le Qatar et les autres pays du Golfe n’ont éprouvé qu’une faible mortalité. À la date du 23 mai 2020, l’Arabie saoudite comptait 67 719 cas confirmés et « seulement » 364 morts».

Ce taux de mortalité relativement bas s’explique sans doute en partie par la rapidité de l’intervention des autorités bloquant les frontières et imposant un confinement dur et rapide de toute la population. À la surprise générale, l’umrah (le « petit » pèlerinage, qui peut se faire à n’importe quel moment de l’année) fut subitement annulé fin février . Le gouvernement annonça également un couvre-feu nocturne jusqu’au 13 mai, et un couvre-feu de 24 heures sur 24 à La Mecque. Tout voyageur arrivant en Arabie doit se soumettre à une « quatorzaine ». Les voyages inter-provinces et internationaux furent interdits. De plus tous les vols réguliers, de même que les déplacements en train et en autobus furent annulés. Les restaurants, malls et boutiques furent fermés le 15 mars. Les grands concerts et autre manifestations culturelles ont été annulés. Même le Hajj de cette année a été fortement réduit. Il est interdit à tous visiteurs de l’étranger, donc près de deux millions de personnes, et ne peut être fait que par des résidents saoudiens, ce qui devrait diminuer le nombre de pèlerins par dix. Une décision extrêmement difficile pour les Saoudiens et des plus rares dans l’histoire de l’Islam…
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-211.htm.

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Israël confucéen ?

 By Marc Brzustowski

 


20 avril 2020

L’épidémie de la COVID-19 est-elle le catalyseur de nouvelles relations économiques et géostratégiques ? Le Fonds monétaire international (FMI) évoque une crise équivalente à celle de 1929. La question découle aussi de la méfiance suscitée par l’opacité chinoise, deuxième puissance économique mondiale, qui a aveuglé le monde sur l’ampleur des dommages causés par ce Tchernobyl viral à la puissance d’un VIH planétaire. Pékin a-t-il cherché à orienter à son profit un dérèglement imprévisible des relations internationales, poussant Washington au bord du précipice ? C’est la thèse de Fox News et de l’Administration américaine, submergée, à huit mois d’échéances électorales, par un flux ininterrompu de décès, au cœur de la sphère financière du globe : New York.

L’Amérique ne se laissera pas rétrograder de son rang d’hyperpuissance à la défaveur d’une nouvelle forme non avouée de guerre sanitaire par virus interposé. Elle mettra toutes ses ressources en œuvre pour organiser une réplique cinglante. Certains de ses alliés (Israël, l’Arabie saoudite) ou des rivaux de rang intermédiaire (Europe, Russie) peuvent contribuer à tempérer l’affrontement qui menace. La Chine, même sans déroger à ses règles autocratiques, devra faire amende honorable ou se verra imposer des pénalités.

Au milieu de la tempête, Israël a réagi, développant ses relations avec l’Asie : l’État hébreu peut servir de « poisson-pilote » des relations internationales : va-t-il s’éloigner de l’Occident, son point d’ancrage historique, pour profiter d’un rebond de croissance, vers les nouvelles routes de la Soie, lors de son déconfinement par étapes …
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-201.htm.

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Les échelles de la pandémie de la COVID-19 au Japon : une gestion de crise inclassable, mais efficace ?

 By Rémi Scoccimarro

 


Débutée à la fin du mois de janvier 2020, la crise de la Covid-19 au Japon avait mal démarré : suivi aléatoire des cas, gestion sanitaire catastrophique à bord d’un paquebot en quarantaine à Yokohama, nombre de tests PCR très faible et des simulations qui prévoyaient jusqu’à 500 mille morts potentiel dans l’archipel. La prise en considération de la structure par âge du pays, avec 28 % de la population âgée de plus de 65 ans (dont la moitié, 14,7 % de la population, est âgé de plus de 75 ans), la concentration des habitants dans de très grandes villes (34 millions d’habitants pour la mégapole de Tôkyô, 20 millions pour celle d’Ôsaka), où les déplacements quotidiens brassent quotidiennement des millions de personnes , pouvaient théoriquement justifier de tels chiffres. Pourtant, six mois après l’apparition des premiers cas, on ne peut que constater que ces prévisions étaient fortement exagérées, voire complètement farfelues. Mais pas seulement : l'archipel est un des rares pays développés, qui, tout en ayant une forte et précoce exposition au virus (en février 2020, il est le deuxième pays en nombre de cas après la Chine, si on compte les passagers du navire de croisière Diamond Princess), une double vulnérabilité structurelle (concentration de population et vieillissement important), connaît, à l’issue de sa première vague, un taux de mortalité extrêmement faible. Nationalement, ce taux est de 5,3 pour 100 000 habitants (chiffres du 25 juin), lorsque l'Europe a des taux qui oscillent entre 10 et 20 (18 pour la France) et 5,5 pour les États-Unis…
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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-177.htm.

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Quand la COVID-19 teste Singapour

 By Eric Frécon

 


 
La Covid-19 à Singapour ? Tout avait si bien commencé…

Sitôt apparue la première vague revenait la même rengaine, déjà entendue lors des crises précédentes (SRAS en 2003, H1N1 en 2009, récession en 2009) et fondée sur la même efficacité : le pays mettait tout en œuvre pour protéger sa population face à la Covid-19. La méthode singapourienne était à juste titre célébrée. Sa technologie profitait d’importantes ressources humaines, tels les conscrits, pour actualiser tracking et mapping. Tout était sous contrôle. Ou presque. Car début avril, le gouvernement a soudainement dû revoir son discours. Depuis l’indépendance en 1965, on le connaissait jusqu’alors adepte de la « sécuritisation » chère à l’école de Copenhague des Relations internationales. Toujours prompt à alimenter le mythe de sa vulnérabilité, propice au développement de moyens extraordinaires, le gouvernement renforçait par la même occasion son « pacte hobbesien ». Celui-ci était nécessaire pour solidariser la société multiraciale face à un hypothétique ennemi commun. Mais cette fois-ci, point de menace construite et instrumentalisée ; le risque était sérieux. À nouveau frappa le syndrome de 1942 – quand les Japonais, attendus sur les côtes au sud, débarquèrent finalement, contre toute attente, depuis la péninsule au nord et infligèrent à l’empire britannique la pire défaite de son histoire, selon Churchill lui-même.

Dans un même aveuglement, alors que think tanks et budgets singapouriens continuaient à faire la part belle à la sécurité « traditionnelle », comme en témoignent les budgets de la défense ou le peu d’intérêt porté à la COP21, c’est une menace qualifiée de « non-traditionnelle » (non-étatique) qui a frappé…

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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-169.htm.

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La Corée du sud et la COVID-19 : un modèle de gestion sanitaire ?

 By Dominique Barjot

 

Second pays, après la Chine, à avoir été touché par la pandémie de Covid-19, la Corée du Sud est apparue rapidement, à l’instar de Hong Kong, Singapour ou Taïwan, comme un modèle pour l’Europe. De fait, les statistiques officielles plaident en faveur du modèle sud-coréen. Au 16 mai 2020, le pays se situe seulement au quarante-troisième rang mondial par le nombre de patients atteints par le nouveau coronavirus.Relativement plus touchée en proportion de sa population que les autres pays d’Asie orientale et du Sud-Est, à l’exception notable de Singapour, la Corée du Sud se caractérise à la fois par un très faible taux de décès (2,4 % des patients atteints) et un taux de guérison très élevé (89,1 %). C’est beaucoup mieux que les États-Unis (respectivement 6 et 17,5 %), que la France (19,4 et 42,2 %), mais aussi que l’Allemagne (4,5 et 85,9 %), que la Chine (5,6 et 94,3 %) et le Japon (4,4 et 63,8 %). En Asie, seuls font mieux Taïwan (1,6 et 87,1 %), Hong Kong (0,4 et 95,9 %), sans doute Singapour (0,1 % de décès) et, peut-être, le Viêt-Nam (83,3 % de guérisons).

Il convient cependant de manier de telles statistiques avec la plus grande prudence. Ainsi les chiffres de contaminés et de décès fournis par l’Iran, le Japon, la Russie, le Brésil, mais aussi et surtout la Chine, en raison du faible nombre de cas testés positifs et de victimes comme d’une courbe épidémique trop fortement atypique. Les pays occidentaux n’échappent pas à de telles controverses : la France a mis du temps à comptabiliser les décès dans les EHPAD, catégorie toujours non prise en compte au Royaume-Uni…

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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-143.htm.

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Le monde chinois face à la COVID-19 : du presque épicentre du système international à l’épicentre initial d’une urgence sanitaire mondiale

 By Laurent Amelot

 


Dans le prolongement de son élection à la tête des instances exécutives du parti communiste (2012) et de l’État chinois (2013), Xi Jinping prononce, à l’automne 2013, deux discours majeurs, l’un à Almaty (Kazakhstan), l’autre à Djakarta (Indonésie), au cours desquels il dévoile ses ambitions pour la Chine et pour le Monde. Leur synthèse, l’initiative « Une ceinture, une route » (One Belt, One Road – OBOR), devenue en 2015, « Initiative ceinture et route » (Belt and Road Initiative – BRI), est un projet pharaonique destiné à placer la République populaire de Chine au centre des affaires de la planète à l’horizon 2049, année du centenaire de la naissance de la nation communiste en Chine, grâce à un vaste maillage infrastructurel et institutionnel, construit autour du primat d’une relation « gagnant-gagnant ».
 
Près de sept ans plus tard, l’ambition de la Chine continentale reste intacte. La voie est tracée, mais risques, obstacles et tensions se multiplient. Sur le plan intérieur, à l’échelon politique, Xi Jinping, en concentrant l’essentiel des pouvoirs, favorise l’inertie dans la prise de décision en période de crise, alors que ses prédécesseurs privilégiaient le pragmatisme. À l’échelon social, la politique du crédit social, construite autour d’une évaluation des comportements en vue d’un contrôle total du peuple, crée les germes d’une résistance populaire inédite dans un contexte de crispations accrues. À l’échelon économique, la baisse continue de la croissance couplée à une crise de la dette au niveau de l’État, comme des provinces et des municipalités, et associée à la promotion de champions nationaux, facilite corruption et distorsions dont les effets sur le système économique en général et sur l’Initiative ceinture et route en particulier ne sont pas anodins… 

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Pour la suite et l'intégralité de l'article publié, en français, dans le numéro 57 de la revue Outre-Terre intitulé, Virus planétaire - Géopolitique de la Covid-19 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2019-2-page-127.htm.


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